Entre enseigner et savoir enseigner, il n’y a qu’un pas : la formation !

Cet article est écrit par les étudiants mobilisés de l’ESPE du Mans.

ESPE Collage

Les ESPE (anciens IUFM) ont pour but de former des enseignants, or aujourd’hui, les étudiant-e-s en master d’enseignement doivent avant tout préparer un concours. La formation professionnalisante qui nous a été promise est loin d’être mise en œuvre. En effet avec le concours au milieu du M1 et des stages trop peu nombreux (5 semaines seulement!), les étudiant-e-s n’ont pas le temps d’apprendre à enseigner ! Il y a un réel manque de cohérence entre les textes officiels et ce qui se passe sur le terrain.

Imaginez un apprenti boulanger qui devrait être boulanger après 5 semaines de stage, tout le monde trouverait ça aberrant ; mais quand il s’agit de former des enseignants qui ont pour mission d’enseigner aux enfants, de faire de ces enfants des futurs citoyens, il n’y a pas de réaction ! Pourtant les étudiant-e-s d’aujourd’hui seront les professeurs de demain, car ceux qui auront le concours seront à mi-temps en responsabilité dans une classe dès septembre prochain.

Par ailleurs, il est nécessaire de mettre en place une réelle harmonisation nationale des stages car l’on peut noter de grandes disparités entre les académies, et même au sein d’une même académie : dans les Pays de Loire, sur certains sites des étudiant-e-s en M1 sont reçus en stage par des PEIMF (qui donc sont formés pour ça) alors que dans d’autres sites, ils sont reçus par des MAT qui ne sont pas formés. Pour le second degré, il n’existe même pas de corps enseignant formé (type PEIMF) pour les recevoir en stage ! La situation des M2 non admissibles est également préoccupante : ils ont du batailler pour avoir des stages… mais dans lesquels les formateurs ne peuvent pas leur rendre visite faute de moyens. Quant à ceux qui sont admissibles, et donc une journée par semaine en responsabilité, ils n’ont pas les même modalités de suivi : pour certains ce sont les directeurs d’école, pour d’autres ce sont des conseillers pédagogiques !

Il est donc urgent de mettre en place de vrais stages, qui soient filés, dans lesquels les étudiant-e-s seraient accueilli-e-s par des enseignants formés pour cela, afin d’avoir un réel retour sur leur pratique et que la formation soit réellement professionnalisante.

ESPE Chat

Autogestion et démocratie dans la mobilisation

Cet article est écrit par les étudiants mobilisés de l’ESPE du Mans.

Une cinquantaine d’étudiant-es s’organisent quotidiennement et mettent en place la mobilisation.

ESPE Dessin

Afin que chacun puisse s’impliquer dans la mobilisation, des commissions de travail sont crées en fonction des besoins (rédaction de tracts, d’articles, communication avec les autres sites…). De plus, sont mis en place des groupes de travail concernant la préparation aux concours sur la base du tutorat entre étudiant-es et en partenariat avec certains formateur-trices.

Pour plus d’efficacité et de cohésion, des assemblées générales sur la base de la démocratie directe sont organisées chaque jour. Des bilans réguliers du travail des différentes commissions et délégations sont effectués et les perspectives de mobilisation sont débattues. Toutes les propositions sont votées par l’Assemblée Générale avant d’être adoptées ou non.

Cependant, la mobilisation a un coût (déplacements sur les autres sites), c’est pourquoi nous avons mis en place une caisse de grève dans laquelle chacun peut donner ou non en fonction de ses moyens.

Nous vous invitons à rester informé-es sur notre mobilisation et à nous soutenir (humainement et/ou financièrement) dans notre lutte.

Mobilisons nous le 4 février pour faire entendre notre voix !

Cet article est écrit par les étudiants mobilisés de l’ESPE du Mans.ESPE banderole

Parce que nous ne pouvons gagner qu’en dépassant l’échelon local, nous cherchons tout d’abord à mobiliser les étudiant-e-s des autres sites de l’académie. A l’heure actuelle, l’objectif de la mobilisation est d’étendre le mouvement dans le but de pouvoir envisager une initiative commune. Nous voulons donc toucher l’ensemble des futurs enseignants de toutes les ESPE afin d’avoir un réel impact et de faire porter nos revendications. C’est pourquoi nous avons organisé des déplacements à Laval, Nantes et Angers cette semaine. Nous avons eu des retours positifs de la part des étudiants qui rencontrent les mêmes problèmes que nous et qui seront sûrement prêts à se coordonner et se mobiliser pour une journée nationale.

Ainsi, nous appelons à une journée nationale de mobilisation sur les ESPE le 4 février prochain. A cette date l’ensemble des directeurs des ESPE académiques se rencontreront à Poitiers. Nous appelons donc les étudiants des ESPE à se réunir en Assemblées Générales pour discuter des problèmes locaux et nationaux et des modalités d’action pour construire la lutte, et à organiser des rassemblements partout où ce sera possible pour nous rejoindre dans le mouvement.

Il est donc nécessaire de faire converger nos révoltes et de convaincre les étudiants de se mobiliser afin que notre mobilisation aboutisse.