Budget de l’université du Maine

Il n’y a aucun doute, cette année encore, le budget de l’université va être en déficit et celui que la présidence prévoit pour l’an prochain le sera aussi. Nous tenions, avec ce message, à informer largement les étudiants de la situation budgétaire.

I-La LRU, responsable des problèmes de budget des universités

L’une des réformes phares de Sarkozy a été la LRU, loi relative aux libertés et responsabilités des universités. Cette loi a transféré la gestion de la masse salariale et des bâtiments (entretien) de l’Etat vers les universités. Très concrètement, cela signifie que l’Etat ne paye plus directement les salaires des enseignants ou le chauffage des bâtiments par exemple mais donne une enveloppe à l’université pour qu’elle paye cela.

Là où le hic commence, c’est lorsque l’Etat donne la même somme pour des besoins qui augmentent. Par exemple, l’Etat finance toujours à la même hauteur les personnels de l’université alors que ceux-ci ont une paye qui augmente (le glissement vieillesse-technicité : GVT, qui prévoit qu’un fonctionnaire gagne plus en fonction de son nombre d’années de carrière, l’allongement de la durée de cotisations pour les retraites… Ne sont pas pris en compte dans l’enveloppe de l’Etat). De même, sur l’université du Maine, de nouveaux bâtiments ont été construits (Mathématiques, EVE…) et l’enveloppe de l’Etat pour l’entretien des bâtiments reste la même.

II-La loi Fioraso : même logique

L’an dernier, la ministre de l’enseignement supérieur a proposé une loi (qui porte son nom) dont l’objectif principal est de créer des « communautés d’universités et d’établissements », autrement dit, de mettre en lien les universités. Dans le contexte actuel, alors que le gouvernement se refuse même à donner des rallonges budgétaires aux universités les plus en déficit, il n’y a qu’une analyse possible de cette loi : c’est l’adaptation pédagogique des universités aux problèmes budgétaires. Cette loi facilitera les mutualisations de filières. Sur les petites universités, on supprimera des filières à faibles effectifs pour faire des économies et on gonflera les mêmes filières dans les universités les plus importantes du regroupement.

L’université du Maine est en discussion pour créer une communauté d’établissements et d’universités avec les facs de Bretagne et de Pays de la Loire. Ce sera l’une des plus petite université du regroupement et les conséquences seront surement désastreuses.

III-Le budget 2014 de l’université du Maine en déficit

                Lors du conseil d’administration du 3 octobre, le budget de l’université du Maine pour l’année 2014 a été débattu, ça ne fera pas de doute, il sera en déficit malgré que le ministère de l’enseignement supérieur ait donné une enveloppe pour créer 17 postes supplémentaires. Sur ces 17 postes, il n’y en aura qu’une dizaine de publiés et réellement mis en place. En plus de cela, il y a eu 6 départs de l’université ce qui réduit d’autant plus le nombre de créations de postes. Pourtant, l’université du Maine manque cruellement de personnels, dans certaines composantes, les enseignants font en moyenne 60% d’heures supplémentaires !

Le rectorat a d’ores et déjà annoncé qu’il n’accepterait pas le moindre centime de déficit. Cela signifie qu’il compte bien reprendre la main sur le budget de l’université. S’il le fait, c’est pour une raison simple : « équilibrer le budget », c’est-à-dire, appliquer des coupes budgétaires importantes pour que l’université ne soit plus en déficit. Malheureusement, ce sont les personnels et les étudiants qui en payeront le prix. Les coupes budgétaires sont forcément synonymes de suppressions de postes, filières qui ferments, modalités de contrôle de connaissance revues à la baisse…

IV-Que faire ?

Sur les universités où les coupes budgétaires sont plus importantes que la nôtre, les conséquences sont parfois dramatiques. Parfois, les rattrapages sont supprimés pour économiser, d’autres fois, ce sont plusieurs filières ou parcours qui ferment. Le pire, c’est à Montpellier qu’il se fait, où la présidente de l’université a annoncé la fermeture d’une antenne universitaire à Béziers sur laquelle 600 étudiants sont inscrits.

A l’UNEF, nous pensons la seule solution est que l’état finance de nouveau les universités à hauteur de leurs besoins. Il faut revenir sur l’autonomie financière initiée par la LRU. Pour obtenir cela, seule une mobilisation des étudiants et des personnels à l’échelle nationale permettra d’avoir gain de cause. A Montpellier, des AG avec plusieurs centaines d’étudiants se sont tenues et un appel à une mobilisation nationale le 24 octobre a été lancé. Il faut se servir de toutes les échéances comme des points d’appui pour se mobiliser et discuter des enjeux de la situation. C’est en réunissant nos forces contre l’austérité dans l’enseignement supérieur  que nous pourrons défendre notre droit à une éducation de qualité !

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