Face à la crise et à l’austérité de «gauche», construisons une tendance combative, unitaire et démocratique

1 – L’austérité dans les universités : c’est maintenant !

Depuis plusieurs années, les conditions d’études et la qualité des diplômes des étudiants se dégradent. Les TD sont surchargés, des professeurs manquent pour assurer les cours, des cours voire des filières entières sont supprimés, les sessions de partiels et de rattrapages commencent à être remises en cause faute de moyens, la sélection directe se développe dans de plus en plus de filières, les bibliothèques sont menacées de fermeture parce que les départs à la retraite ne sont pas remplacés…

Dans le même temps, les bourses sont insuffisantes, les logements trop chers et le coût de la vie s’envole. La précarité étudiante développe une sélection sociale de plus en plus directe.

La situation dans les universités françaises est catastrophique. Certaines comme l’université d’Angers menacent de s’effondrer avec un manque de quatre millions d’euros ou comme l’université de Strasbourg où le déficit atteint les 20 millions d’euros, et où 40 000 heures de cours vont être supprimées sur les deux prochaines années pour faire des économies. Au total ce sont 19 universités qui sont déclarées en déficit. Mais toutes les universités sont touchées par des politiques de réduction budgétaire et font des économies sur le dos des étudiants et des personnels. Cette situation est due à deux facteurs :

– les contre-réformes qui se sont abattues sur l’Enseignement supérieur ont toutes eu pour objectif de rationaliser la présence des étudiants en fonction des besoins fluctuants du marché du travail. Du LMD à la LRU, l’objectif a été d’aller vers la transformation du service public en fabrique de futurs travailleurs précaires. L’autonomie pédagogique et financière, outil de la concurrence entre étudiants et universités, a été le moyen privilégié de cette politique.

– La crise économique qui sévit depuis cinq ans et qui a eu pour conséquence une baisse des moyens réels alloués à l’Éducation.

Au-delà des effets d’annonce (création de 1000 postes parfois gelés immédiatement après par le ministère, budget augmenté de 2,2 % en réalité en baisse relative…) le gouvernement n’a pas la volonté de remettre en cause toutes les contre-réformes mises en place par la droite (PRES, masterisation, LRU…). Les annonces autour de la nouvelle loi montrent que la réponse donnée aux difficultés des étudiants et des universités est loin d’être la bonne. En poursuivant l’autonomie, la mise en concurrence et l’ouverture des universités aux entreprises, la situation risque même de s’aggraver. Même l’habilitation nationale des diplômes serait remise en cause…

La politique du gouvernement dans les universités s’inscrit dans son objectif global : faire payer la crise aux jeunes et aux travailleurs. Du Pacte de compétitivité offrant 20 milliards d’euros de cadeaux aux entreprises, financé par une baisse des moyens des services publics et une hausse de la TVA, à l’offensive sur la flexibilité du travail, tout est fait pour aider les riches. Les recettes sont les mêmes que celles de la droite. Le gouvernement répond au problème du chômage des jeunes par de nouveaux contrats spécifiques : les contrats de génération et les emplois d’avenir accentuant le rôle de variable d’ajustement que les jeunes occupent déjà sur le marché du travail.

2 – Stopper l’austérité et organiser la contre-offensive !

Pour offrir aux étudiants de meilleures conditions de vie et d’études et pour leur garantir un emploi stable et bien rémunéré, il faut préparer les conditions d’une mobilisation étudiante victorieuse pour stopper l’austérité sur les universités, pour un vrai service public débarrassé de l’autonomie budgétaire et pour mettre fin à la précarité étudiante.

Dans l’immédiat, nous devons résister pied à pied dans les universités contre chaque recul. Comme c’est le cas à Angers, c’est en se mobilisant collectivement, au travers d’AG, de manifestations, en faisant grève, qu’il est possible d’obtenir des avancées. Mais il est plus difficile d’obtenir satisfaction lorsqu’une seule université, une seule filière se bat dans son coin. Il est nécessaire de dépasser l’isolement des luttes locales et de construire une mobilisation nationale étudiante pour se battre contre l’austérité dans les universités. Cela veut dire fédérer tous ceux qui ont envie de se battre pour tenter d’endiguer la crise budgétaire en proposant des perspectives nationales unifiantes comme des dates de mobilisation. Cela veut aussi dire une mobilisation qui repose sur une partie significative des étudiants qui s’organisent par eux-mêmes pour lutter dans des cadres démocratiques (assemblées générales, comité de mobilisation…).

Pour gagner sur nos revendications, il n’y aura pas de raccourci. Une contre-offensive des jeunes et des travailleurs sera nécessaire. Parce qu’aucun secteur ne peut gagner seul et parce que nous rangeons notre combat aux côtés de celui des salariés, il faut faire converger les mobilisations, construire un mouvement d’ensemble, une grève générale à même d’imposer nos revendications.

3 – Pour un syndicalisme réunifié porteur de transformation sociale

Le syndicalisme étudiant est dans un état de faiblesse tel qu’il ne peut plus se payer le luxe de la division. Il est essentiel de regrouper dans une même organisation toutes celles et tous ceux qui veulent défendre les droits des étudiants. La construction d’un syndicalisme unifié est fondamentale pour l’unité de notre camp social et la reconstruction à une large échelle de la conscience de la nécessité de s’organiser collectivement pour transformer la société. Il faut systématiquement chercher à combattre la division du milieu étudiant et lutter au quotidien pour sa réunification au sein d’une seule et même organisation syndicale. Cela passe par la recherche de l’unité d’action chaque fois que cela est possible.

Nous ne concevons pas notre action comme séparée du combat global pour la transformation sociale. Cela signifie qu’il faut participer et organiser les luttes sur des questions transversales à l’université, notamment la lutte contre toutes les oppressions et contre les interventions impérialistes à travers le monde.

4 – Pour une tendance combative, unitaire et démocratique dans l’UNEF

Face à cette situation, la direction de l’UNEF ne prend pas ses responsabilités. L’orientation qui est développée par la direction depuis plusieurs années consiste à faire de la propagande pour un projet et à délaisser le syndicalisme pour défendre nos conditions d’études. Ce qui conduit le syndicat à avoir chaque année la même feuille de route : les élections, les interpellations et les congrès. La direction refuse de se battre contre les attaques que subit l’Enseignement supérieur en faisant même passer certaines pour des avancées auprès des étudiants. Cette orientation a amené le syndicat à ne prendre aucune initiative sérieuse contre les déficits budgétaires. Aujourd’hui, alors que le gouvernement mène une politique d’austérité, la direction de l’UNEF refuse de s’y opposer et s’est contentée de gagner les élections au CROUS comme seul moyen de construire le rapport de forces. C’est pourtant largement insuffisant.

Les enjeux de la situation appellent une réponse syndicale différente. Nous avons besoin d’un outil, d’une tendance dans l’UNEF qui soit une alternative à l’inertie de sa direction et qui soit utile à la mise en place d’une orientation combattive. Cet outil est nécessaire pour coordonner les militants syndicaux qui luttent dans chaque université et qui défendent cette orientation dans le syndicat. Ce qu’il nous faut, ce sont des syndicalistes qui s’organisent ensemble pour que le principal syndicat étudiant mène la bataille contre la casse du service public d’Enseignement supérieur. Cela signifie nous battre pour que puissent s’exprimer les différentes opinions dans l’UNEF c’est-à-dire pour que le syndicat soit démocratique de la base au sommet, pour être réellement le syndicat de tous les étudiants.

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